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Rentabilité d'une installation solaire en 2026 : le calcul

Rentabilité d'une installation solaire en 2026 : le calcul

Installer des panneaux solaires reste un choix en partie écologique, mais la plupart des foyers veulent aussi savoir quand l’investissement sera remboursé. En 2026, la réponse a changé de nature : la revente de l’électricité ne rapporte presque plus rien, et la rentabilité repose sur les kilowattheures que l’on n’achète plus au réseau. Voici les règles en vigueur au 3 novembre 2026, les chiffres qui comptent et une méthode de calcul que vous pouvez refaire avec vos propres données.

Ce qui a changé en 2026

L’arrêté du 1er juin 2026 (Journal officiel n° 129 du 4 juin 2026, applicable depuis le 5 juin) a modifié l’arrêté tarifaire dit « S21 » du 6 octobre 2021, qui encadre l’achat de l’électricité des installations sur bâtiment, hangar ou ombrière en métropole continentale. Pour les installations de 100 kWc au plus dont la demande complète de raccordement est déposée depuis le 5 juin 2026 :

ÉlémentAvant le 5 juin 2026Depuis le 5 juin 2026
Prime à l’autoconsommationversée selon la puissance, revue chaque trimestresupprimée
Achat du surplustarif fixé par trimestre (4,0 c€/kWh HT jusqu’à 9 kWc pour les demandes de fin mars 2025)tarif unique de 1,1 c€/kWh HT, + 2 % par an
Vente totale ≤ 9 kWcdéjà exclue depuis le 28 mars 2025toujours exclue du tarif d’achat
Durée du contrat20 ans20 ans

Les dossiers déposés avant le 5 juin 2026 conservent les conditions de leur trimestre. L’électricité injectée au-delà de 1 600 kWh par kWc et par an n’est pas rémunérée. Le texte se lit sur Légifrance, et son application est détaillée sur photovoltaique.info. Notre article sur le tarif d’achat du surplus revient sur le plafond de production rémunérée et les autres conditions.

L’autre levier est fiscal : depuis le 1er octobre 2025, la fourniture et la pose dans un logement d’une installation de 9 kWc au plus relèvent d’une TVA à 5,5 %, à condition que l’équipement respecte les critères de l’arrêté du 8 septembre 2025 : bilan carbone des modules inférieur à 530 kg CO2 eq/kWc, moins de 14 mg d’argent par watt dans les cellules, moins de 0,1 % de plomb et de 0,01 % de cadmium dans les modules, et un système de gestion de l’énergie qui pilote automatiquement, en fonction de la production, au moins deux usages électriques (eau chaude, chauffage…), une simple programmation horaire ne suffisant pas. À défaut, le taux est de 20 % ; une batterie vendue avec les panneaux fait aussi passer l’ensemble à 20 %. Voir la TVA réduite sur les panneaux solaires et service-public.fr.

Les trois chiffres du calcul

1. La production annuelle. Elle dépend du lieu et de la toiture. Pour un toit orienté au sud, incliné d’environ 30° et sans ombre, on compte en ordre de grandeur :

ZoneExemples (kWh par kWc et par an)Production indicative par kWc et par an
Nord, Normandie, Grand EstLille 1 060, Rouen 1 070, Strasbourg 1 1301 050 à 1 150 kWh
Bretagne, Île-de-France, Centre, BourgogneRennes 1 150, Paris 1 130, Orléans 1 150, Dijon 1 1901 100 à 1 200 kWh
Pays de la Loire, Centre-Ouest, Auvergne-Rhône-Alpes, Sud-OuestNantes 1 210, Limoges 1 210, Bordeaux 1 270, Lyon 1 280, Toulouse 1 3101 200 à 1 300 kWh
Pourtour méditerranéen, CorsePerpignan 1 480, Montpellier 1 500, Ajaccio 1 500, Marseille 1 6101 450 à 1 600 kWh

Valeurs calculées le 3 novembre 2026 avec PVGIS 5.3 (Centre commun de recherche de la Commission européenne, données d’ensoleillement SARAH3) pour 1 kWc en silicium cristallin, orienté plein sud, incliné à 30°, avec 14 % de pertes système : ce sont des ordres de grandeur indicatifs, à refaire pour votre adresse. Pour votre adresse, le même outil gratuit donne une estimation plus fine.

2. La part autoconsommée. C’est le chiffre décisif. Sans pilotage, une maison occupée surtout le soir consomme souvent moins de la moitié de sa production ; une maison où quelqu’un est présent en journée, avec un ballon d’eau chaude piloté ou une voiture rechargée à midi, peut faire beaucoup mieux. Votre courbe de charge Linky permet de l’estimer (voir analyser sa consommation avant de s’équiper).

3. Le prix de l’électricité évitée. Au tarif réglementé option Base, le kilowattheure coûte environ 0,20 € TTC en 6 kVA depuis le 1er août 2026, après la hausse moyenne de 2,5 % TTC proposée par la Commission de régulation de l’énergie. Chaque kilowattheure autoconsommé économise ce montant, alors qu’un kilowattheure injecté rapporte 0,011 € la première année.

Un exemple, pour la méthode

Prenons une installation de 3 kWc dans le Centre-Ouest, qui produit environ 3 600 kWh par an (1 200 kWh par kWc, l’ordre de grandeur de PVGIS à Nantes ou à Limoges). Les chiffres qui suivent sont illustratifs et servent à montrer le raisonnement, pas à prédire votre cas.

HypothèseÉconomie et recettes la première année
40 % autoconsommés (1 440 kWh à 0,20 €)environ 288 € d’économie
60 % injectés (2 160 kWh à 0,011 €)environ 24 € de vente
Totalenviron 312 € par an
Si l’autoconsommation monte à 65 %environ 468 € + 14 € = environ 482 € par an

On voit immédiatement l’effet du changement de règles : la vente du surplus pèse moins de 10 % du gain. Le temps de retour se calcule ensuite en divisant le coût net de l’installation par ce gain annuel, en tenant compte de l’évolution du prix de l’électricité (incertaine), de la légère perte de rendement des modules et du remplacement probable de l’onduleur central en cours de vie. Avec un gain de quelques centaines d’euros par an, un écart de quelques milliers d’euros sur le devis change le temps de retour de plusieurs années : d’où l’intérêt de comparer.

Comment améliorer la rentabilité

  • Dimensionner sur la consommation, pas sur la surface du toit : une installation plus petite, mais bien consommée, peut être plus rentable qu’une grande installation qui injecte la moitié de sa production. Voir quelle puissance installer.
  • Déplacer les usages en journée : lave-linge, lave-vaisselle, eau chaude, recharge d’un véhicule.
  • Piloter le surplus avec un routeur solaire sur le ballon d’eau chaude, solution souvent moins coûteuse qu’une batterie.
  • Étudier la batterie avec méthode : elle augmente l’autoconsommation mais coûte cher ; notre article sur la batterie de stockage aide à faire le calcul.
  • Vérifier l’éligibilité à la TVA à 5,5 % sur le devis : matériel, puissance, type de logement.

Ce que la rentabilité ne dit pas

Un calcul de rentabilité ne remplace pas l’examen de la toiture (état de la couverture, charpente, ombres), ni la vérification de l’installateur. Méfiez-vous des simulations qui promettent un autofinancement intégral ou qui s’appuient encore sur la prime et l’ancien tarif d’achat : depuis le 5 juin 2026, ils ne s’appliquent plus aux nouveaux projets. Les signaux d’alerte sont rassemblés dans notre article sur les arnaques au photovoltaïque, et les conseillers France Rénov’ donnent un avis neutre et gratuit.

Ce site ne fournit pas de conseil financier personnalisé : les chiffres ci-dessus sont des ordres de grandeur à confronter aux devis et à votre situation.

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