Recharger sa voiture électrique avec des panneaux solaires

Rouler avec l’électricité produite sur son toit est une idée séduisante, et de plus en plus logique économiquement. Depuis le 5 juin 2026, le surplus injecté sur le réseau par les nouvelles installations n’est plus racheté qu’à 1,1 c€/kWh : chaque kilowattheure consommé sur place vaut beaucoup plus qu’un kilowattheure revendu. La voiture électrique, avec sa grosse batterie, est un excellent moyen d’absorber cette production. Encore faut-il comprendre ce que l’on peut réellement en attendre.
Comparer besoins et production
Ce que consomme la voiture
Une voiture électrique consomme de l’ordre de 15 à 20 kWh pour 100 km selon le modèle, la vitesse et la saison. Pour 30 km par jour, le besoin tourne autour de 5 à 6 kWh par jour, soit environ 2 000 kWh par an. Pour 60 km par jour, il double.
Ce que produit une installation
En ordre de grandeur, un kilowatt-crête (kWc) orienté au sud et incliné à 30° produit d’environ 1 050 kWh par an à Lille à environ 1 600 kWh à Marseille, d’après les estimations de PVGIS, l’outil gratuit de la Commission européenne (avec 14 % de pertes système). Une installation de 3 kWc produit donc grosso modo 3 200 à 4 800 kWh par an, soit en moyenne 9 à 13 kWh par jour sur l’année. Pour votre adresse précise, la simulation se fait sur PVGIS, et notre article sur la production des panneaux solaires par région donne les repères régionaux.
Sur le papier, une petite installation couvrirait donc les trajets quotidiens. La difficulté est ailleurs : la production a lieu en journée et varie fortement selon les saisons, alors que la voiture est souvent absente au milieu de la journée et branchée le soir.
Recharger en journée
L’autoconsommation solaire fonctionne d’autant mieux que la consommation coïncide avec la production. Pour la voiture, cela signifie la brancher pendant les heures ensoleillées :
- en télétravail, les jours de repos ou le week-end ;
- quand un second véhicule reste à la maison ;
- en programmant les recharges importantes sur les journées dégagées.
Si la voiture part tôt et revient tard, la part solaire de la recharge restera faible sans batterie domestique, et la batterie de la maison est rarement assez grande pour remplir celle d’une voiture. Une batterie domestique se justifie surtout pour décaler la consommation de la maison vers la soirée.
La borne pilotable sur le surplus
Une borne classique recharge à puissance fixe. Si elle appelle 7,4 kW alors que les panneaux en produisent 2, le complément vient du réseau. Une borne pilotable sur le surplus mesure en continu la production et la consommation de la maison, puis ajuste la puissance de charge pour utiliser en priorité l’électricité solaire disponible.
Elle s’appuie sur une mesure au tableau (capteur de courant ou compteur dédié) et propose en général plusieurs modes :
| Mode | Fonctionnement |
|---|---|
| Solaire seul | la recharge ne démarre qu’avec un surplus suffisant et suit la production |
| Solaire et réseau | un minimum est garanti, le solaire complète quand il est disponible |
| Rapide | pleine puissance, quelle que soit la production |
Une limite technique à connaître : la recharge d’une voiture ne descend pas en dessous d’un courant minimal d’environ 6 A, soit à peu près 1,4 kW en monophasé et un peu plus de 4 kW en triphasé. Un surplus plus faible ne suffit pas à lancer une recharge purement solaire. C’est l’une des raisons pour lesquelles le monophasé se prête souvent mieux au pilotage solaire d’une petite installation.
Le choix de la puissance de la borne est détaillé dans notre article sur la puissance d’une borne de recharge. Au-delà de 3,7 kW, elle doit être posée par un installateur qualifié IRVE, en application de l’article D. 353-2 du code de l’énergie.
Les limites de l’hiver
C’est le point le plus souvent sous-estimé. Une installation produit plusieurs fois moins en décembre qu’en juin : journées courtes, soleil bas, nuages. En parallèle, la voiture consomme davantage par temps froid (chauffage de l’habitacle, batterie moins efficace).
En hiver, la recharge solaire devient donc un appoint et le réseau reprend le relais, de préférence aux heures où le kWh est le moins cher. Notre article sur la recharge en heures creuses explique comment combiner les deux. Sur l’année, une part solaire significative reste atteignable, à condition de ne pas la promettre pour chaque jour.
Dimensionner l’installation
Quelques principes utiles :
- Partir de la consommation réelle du logement, voiture comprise, plutôt que d’une puissance standard. Les relevés de votre compteur sur une année donnent une bonne base.
- Ne pas surdimensionner pour l’hiver : le surplus estival serait revendu à un prix très bas.
- Prévoir la gestion d’énergie : borne pilotée, ballon d’eau chaude piloté et appareils programmés se partagent le surplus.
- Vérifier l’orientation et la puissance avec un professionnel qui tient compte des horaires réels de présence du véhicule.
Pour chiffrer une installation solaire dimensionnée en tenant compte de la recharge, vous pouvez demander des devis de panneaux solaires en précisant votre véhicule et vos trajets habituels.
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